Thierry Melot

URBANISME

C’est en Afrique noire d’abord qu’il découvre à ses débuts l’Art africain et la statuaire nègre, et tente de relier dans son travail les fondements de la Modernité à l’exigence d’identité que recélait la commande publique des pays nouvellement indépendants, à laquelle l’associe le français Henri Chomette dès 1972. Fernand Pouillon l’initie en Algérie aux schémas directeurs de grands territoires. Il co-signe en 1982 (avec P.R.Vazquez) le projet ambitieux du Musée des Civilisations Noires de Dakar, « testament » de  Léopold Sédar Senghor, à qui il doit ce premier parcours, et construit différents équipements publics et projets urbains au Sénégal et dans la région sahélienne.   

Son travail d’architecte trouve une voie étroite entre rationalité fonctionnelle constructive et sensibilité expressive. Cette position, construite sur son parcours africain, lui évite de tomber dans les pièges de la postmodernité qui bat alors son plein. Il explore plusieurs partenariats avec de grandes signatures : Norman Foster, Santiago Calatrava, Caesar Pelli. Lauréat des concours du siège de BP France à Cergy, puis de la réhabilitation de l’Ecole Polytechnique à Palaiseau, il est couronné du Grand Prix d’Architecture de Bretagne avec le lycée Saint Louis de Châteaulin.

En 1997, il signe la création de Lyon Confluence, associé au catalan Oriol Bohigas, projet qu’il mène jusqu’en 2001 sur le thème du doublement de l’offre de centralité lyonnaise, et développe les études de 7 pôles gares en Allemagne et en France sur la réparation de la coupure urbaine née du ferroviaire. 
  
Il participe à la fondation de l’AFEX, et décroche ses premières missions de grands territoires au Moyen Orient en Polynésie et en Afrique où il met en œuvre des projets de Villes Nouvelles : l’archipel urbain à Bahreïn,  le jeu de Go foncier à Papeete, l’agriculture urbaine intégrée au Sénégal et débute l’exploration du développement soutenable. Il fait le choix d’ouvrir une agence à Shanghai, où nombre de dossiers d’urbanisme de grands territoires lui seront dès lors confiés, suivis de mises en chantiers entre l’Asie centrale et la Chine. Il mène de front, en France la redéfinition de l’espace public et de l’infra-dalle à La Défense, le quartier Mantes -Université, les Centres de réadaptation du Handicap de l’ADAPT, une pépinière d’entreprises de la RIVP, et en Chine le chantier des tours du centre directionnel de Hefei, la réalisation du schéma directeur de l’Ile de Hengqin : Shumai ou La mémoire de l’eau. Son dernier grand chantier urbain est le plan stratégique de Doumen à l’horizon 2030-2060 pour 2 400 000 habitants : La ville en boucles, un concept urbain durable.